Archives mensuelles - juillet 2012

Pas d’accord avec Martin Bouygues

Martin Bouygues, le patron de Bouygues Télécom, s'est fendu d'une longue lettre aux parlementaires. Il leur a expliqué que son nouveau concurrent Free l'oblige à prendre des mesures drastiques. Seule l'insolence semble payer. Un courrier aux parlementaires pour prévenir les risques d'être accusé d'avoir une politique managériale à la France Télécom. Tandis que nous supportons tous une entente si elle n'est pas illicite est de type préjudiciable, entre les grands opérateurs de l'accès au réseau de télécommunication, un tour de joué sur la scène médiatique de celui qui crie le premier apparait comme une victime. On plaint le malheureux. Nous sommes encore nombreux à nous souvenir que les réseaux téléphonique et électrique ont été financés par nos parents et grands parents. Par des habiletés de gestion, les affaires prétendument pas rentables quand elles étaient 100% publiques ont viré au bonus après avoir été privatisées. La plupart des gestionnaires ont juste changé de mobilier et assis dans de nouveaux fauteuils ont su jongler avec la distribution des actions et des déficits pour faire payer par les contribuables (l’État resté actionnaire majoritaire) les investissements et les plus gros frais d'entretien, tandis que le gros actionnariats passent à la caisse des dividendes. Des paillettes pour les petits. Une action pour justifier une politique RH à la France Télécom ? Lorsque les méthodes et stratégies, comme les modes de gestion et la politique des ressources humaines sont dénoncés, les salves d'arguments pleuvent pour noyer l'évidence. Martin Bouygues utilise abusivement l'existence de Free pour justifier son système de profit et surtout sa politique dévastatrice de gestion des ressources humaines. Il annonce une baisse d'effectif dans son entreprise, mais il n'annonce pas une baisse des profits. 556 salariés en moins dit-il aux parlementaires. Free aurait fait venir 134000 clients de chez Bouyghes, sur un total de 12 500 000 clients et ça serait la cause de cette décision prise à contre cœur. Remettons les pendules à l'heure : en revenant seulement à 2008, Bouygues Telecom n'a jamais connu le moindre contre coup d'une crise qui au contraire semble lui bénéficier. Plus les gens sont mal, plus ils ont besoin de resserrer les liens : aujourd'hui, le téléphone portable sert notamment à cela. Le modèle de la télécommunication se porte si bien qu'on cherche encore comment faire payer de plus petits abonnements pour des choses inutiles à un nombre aussi important de gens. Donc en 2008, Bouyghes a enregistré un chiffre d'affaires en hausse de 6 %, à 5,08 milliards d'euros, et un bénéfice net en hausse de 9 %, à 534 millions. Il visait alors une croissance de son chiffre d'affaires de 2 % en 2009. Il a toujours indiqué que la crise avaient des « conséquences limitées » sur son activité. Autrement dit, pas de conséquences négatives, au contraire.  Les télécoms restent le premier contributeur au résultat du groupe. En 2011, Bouyghes annonce un chiffre d'affaire de 5, 741 milliards d'euros. Tout va bien, c'est le moment de baisser les charges de personnel...
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Kerviel, le bouc émissaire d’un système pervers…

La Société Générale aurait été la victime de Jérôme Kerviel, un trader sans scrupule. La presse n'a pas de mots assez peu élogieux pour qualifier cet employé qui interpelle plus qu'un peu la notion de confiance. Mais la demande de la banque est si délirante qu'elle en perd toute crédibilité : 390.000 ans de Smic, soit  4,82 milliards d'euro. La banque a déjà récupéré 1, 7 milliard d'euro grâce à une défiscalisation opportune. L'ardoise reste chargée et accompagnée d'une peine de prison de trois ans ferme et deux avec sursis. A contrario, Jérôme Kerviel se présente comme la victime d'un complot. Sa thèse est que la Société Générale a cherché à lui faire porter le chapeau des subprimes. L'affaire est en appel et la décision sera rendue le 24 octobre. Dans l'affaire des subprimes, il est reproché à la banque d'avoir menti sur des caractéristiques des prêts auprès des ménages américains emprunteurs. La Société Générale est la seule banque française a être poursuivie par les autorités américaines, pour un montant d'1,3 milliard d'euros. Ça ne fait pas le compte de Kerviel mais ça donne une idée de la mentalité des dirigeants de la banque à la même période. Que penser de Jérôme Kerviel ? Suivant les énoncés du jugement de première instance, la presse a la dent dure. Le journal Marianne par exemple adopte la posture de chien de garde d'un système qui a permis le montage de la plus invraisemblable des bidouilleries informatiques. S'il avait fait gagné de l'argent, certainement que ces mêmes plaignants ne se seraient pas manifestés. La finance n'a de morale que si les banques gagnent. Ce n'est pas sans rappeler les procès en sorcellerie. En attendant, face à un avenir très incertain, la faillite personnelle semble être le seul recours à l'ancien trader. Dans un contexte où il était déjà fortement question de moralisation du système capitaliste, de placer sous haute surveillance la spéculation sur l'argent, une fois que l'on a bien critiqué Kerviel, ses déclarations, son avocat, que penser de ce qu'il a fait ? Un hacker ? Jérôme Kerviel serait-il un hacker ? Personne ne semble contester qu'il n'a tiré aucun avantage. Il aurait conduit une opération pour le fun. Rien que pour cela et maintenant, il serait bien embarrassé pour s'expliquer. Un hacker sans discours, mais hacker malgré tout... Pourtant, s'il sait s'y prendre, c'est probablement maintenant qu'il pourra tirer des avantages, en vendant ses mémoires de trader pirate pour un scénario sans grand suspens. Mais il apparait bien être qu'un instrument, pris dans un tourbillon, un engrenage. D'ailleurs, si sa défense est sans consistance, pitoyable même, incapable de relever les arguments fournis par la partie adverse, l'accusation elle-même ne s'y serait pas trompée. Un bouc émissaire d'un système pervers ? Dans son réquisitoire, le procureur de la république fourni les arguments qui permettraient de comprendre que Jérôme Kerviel ne serait pas responsable de ses actes. A priori, il s'agirait d'arguments qui condamnent, mais ils présentent l'accusé comme l'instrument d'un système pervers. Ils décrivent le milieu dans lequel a évolué Jérôme Kerviel, devenant une proie manipulée. Sa volonté aurait été prise dans le tourbillon hypnotique du serpent bancaire :
« On ne peut pas ignorer que les traders essaient de se mesurer entre eux, ni le milieu spécifique des salles des marchés. Jérôme Kerviel a succombé aux marchés, de manière obsessionnelle, à longueur de journée. »
L'accusateur public se rend-il compte qu'il fourni un argument à la défense ? C'est bien cela : succombé... de manière obsessionnelle. Comment imaginer pouvoir résister à cette attirance aussi violente ? Comment résister à une obsession ? C'est le procès de la tentation qui est fait, un procès religieux. Avec un peu de recul, on peut voir ici un montage sectaire, avec son système accusatoire et son bras armé d'un glaive. Le système bancaire porte le germe de ses tentations. Le procureur aurait pu dire la preuve de l'immoralité environnante, le système bancaire a bien fait les subprimes... Mais l'immoralité de l'un justifie-t-il l'immoralité de celui que l'on peut plus facilement poursuivre et détruire ? D'ailleurs, à en croire cette accusation :
« tous les traders ne font pas des faux pour cacher leurs positions, tous ne prennent pas des positions ouvertes extravagantes (...) »
Tous les anges ne deviennent pas des démons. Dans cette immoralité ambiante, tout ne va pas si mal. Le système judiciaire vient au secours de l'institution bancaire. Elle trouve en lui les travers de l'irresponsabilité et en fait des arguments pour lui attribuer a contrario la responsabilité juridique :
« Ne minimisons pas son comportement pervers et manipulateur ».
Non, il ne le faut surtout pas : comportement pervers et manipulateur. Il ne manque que le bûcher. Enfin, l'accusation s'envole et déclare que :
« Si Jérôme Kerviel est victime de quelqu'un, ce n'est que de lui-même... »
Une victime peut-elle être responsable de sa situation, de sa condition et de ses actes réactionnels ? Les propos de l'accusation sont clairs et fournissent à eux seuls les éléments permettant de disqualifier tout le système dressé contre Jérôme Kerviel.
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Arnaque gonflée à l’alcootest… Bientôt la désobéissance civile ?

Pour ne pas être en infraction, nous aurions besoin d'un alcootest en cas d'injonction faite par les représentants de l'ordre. Si nous ne le mettons pas à leur disposition, nous serons passible d'une amende de première classe. Bien sûr, il serait étonnant que la chose en reste là. Nous serons conduit au poste ou dans le fourgon où les représentants de l’État disposeront de quoi tester notre sobriété... S'agit-il de nous protéger ? La question que je me pose est "A qui profite le business ?" La précédente équipe présidentielle nous a déjà fait au moins un coup dans ce genre. En 2009, avec les vaccins contre la grippe H1N1, on sait que les amis de Roselyne Bachelot étaient derrière le comptoir. Le problème qu'ils ont tous rencontrés, c'est que peu de français ont accepté de se faire shooter. A posteriori, les crieurs continuent de brandir la menace : "Et si..." A ce compte là, on arrête tous. On ne sort plus, on ne ... rien. L'alarme était infondée, il s'agissait d'une spéculation. La tentative de manipulation a échoué. D'évidence, le lobby des laboratoires pharmaceutique avait convaincu la ministre pour conduire tambours battants une campagne pour traire les gogos. Ca n'a pas marché. La dénonciation du système peu paraître brutale, mais la réalité était potentiellement criminelle. Personne ne sait encore dire les conséquences d'une telle médication à la va-vite. Le professeur Debré a dénoncé à l'époque une escroquerie intellectuelle. Seulement intellectuelle ? Quand on sait que l'Etat a réglé la facture de la commande d'une quantité inutile de vaccins... Une escroquerie tout simplement. Ce quinquennat en a connu plusieurs et on veut restreindre encore les moyens au service de la solidarité ! Dans un pays en crise, les arnaques sont hallucinantes. Selon le Figaro du 6 juin 2010, l'affaire est estimée à 2,5 milliards d'euro. Régulièrement, il existe des petits malins qui trouvent des systèmes pour faire payer pas beaucoup un maximum de gens. Le plus fort des carambouillages est certainement sur ce principe : prendre peu à beaucoup de gens. Personne ne devrait se plaindre. On nous a fait le coup de la santé et maintenant de la sécurité publique. Trop forts, les arnaqueurs ont réussi à faire passer leur système dans la loi. D'évidence, un système similaire a été mis en place et dans quelques mois, nous apprendrons qui tire les marrons de cette arnaque aux ballons. Ne faut-il pas déjà penser à mettre en place la désobéissance civile ... _________ Le professeur Debré notamment :
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