La médiation professionnelle, pour améliorer l’exercice de la libre décision et de la qualité relationnelle

La médiation professionnelle, pour améliorer l’exercice de la libre décision et de la qualité relationnelle

La médiation, on en parle. Il n’y a pas un jour sans qu’il ne soit question de médiation, de médiateur, quel que soit le domaine : économique, politique, social, familial, entreprise, institutionnel… L’effort de promotion est constant, partout, dans le champ de l’initiative privée et dans l’action publique. Si le législateur français s’embrouille, confondant ici et là médiation, négociation, conciliation et arbitrage, il n’est pas le seul et la France n’est pas plus en retard que les autres pays sur ce point. Il n’y a pas de compétition à engager sur ce terrain : la médiation se répand partout et c’est pour le bien de tous.

La médiation préalable obligatoire en matière civile (famille, prud’homme, commerce…) fait son chemin

D’ici octobre 2013, un nouveau débat va être lancé : celui de la mise en place de la médiation préalable obligatoire, en matière civile, prud’homme et commerciale. Ce débat que j’ai initié en France, est en train de faire son chemin. Il existe des opposants, comme au temps du débat sur l’instruction obligatoire. Mais de plus en plus nombreux sont ceux qui en viennent à comprendre qu’un tel dispositif n’est pas seulement une voie nouvelle pour résoudre des litiges au lieu de les gérer, mais serait une instrumentation comparable à l’école obligatoire.

L’objectif est de faire progresser et la venue de ce débat qui occupe déjà dans plusieurs ministères, en écho et lien avec les positions et arguments développés par les organisations de la médiation professionnelle (CPMNEPMN et Viamediation), conduira à la mise en place de mesures de médiation préalable.

La médiation, un premier pas vers un nouveau paradigme

Même l’amateurisme en médiation n’est pas une mauvaise chose. Il participe à cette quête d’amélioration des rapports entre les personnes, dans tous les rôles que nous sommes amenés à avoir : citoyens, consommateurs, usagers, administrés, assurés, clients, fournisseurs, salariés ou employeurs, etc…  Il apporte de nouvelles réflexions sur les besoins des personnes dans une société où l’un des enjeux est l’extension de l’exercice de la liberté, le renforcement de l’autonomie, tout en préservant les instruments de solidarité.

La médiation participe de cette discussion plus générale sur le modèle de société que nous élaborons un peu plus chaque jour et qui oscille entre l’idée d’un contrat social fondé sur la gestion de l’adversité (l’homme serait un loup pour l’homme et si on veut la paix il faudrait préparer la guerre), c’est la culture de la défiance et de la méfiance ; ou d’un contrat social fondé sur la promotion de l’altérité (l’évolution se ferait par l’ouverture à la diversité, plus d’accueil et moins de tolérance), c’est la culture de la confiance.

Notre société améliore en permanence le rapport au pacte social

Ce constat a déjà conduit, lors des précédentes élections présidentielles, les organisations de la médiation professionnelle à proposer la mise en place d’un ministère de la médiation, de la négociation et du dialogue social. L’initiative aurait placé la France en avant dans cette démarche, mais c’est encore trop tôt pour nombre de politiciens d’imaginer une séparation entre la médiation et les instrumentations de prise d’autorité. Ce d’autant que la définition de la médiation n’est pas la même pour tous : pour les uns, la médiation serait un outil parmi d’autres au service des autorités, en tant que moyen supplémentaire d’encadrement, pour les autres la médiation serait professionnelle et au service des personnes, en tant que discipline de la relation visant à renforcer l’exercice de la libre décision.

Attention aux risques d’entraîner la médiation sur la voie de l’échec

Pour les professionnels de la médiation, dont j’ai mis en place la formation depuis 2001, un important travail de pédagogie est à maintenir. Il leur revient d’aider à clarifier, même auprès du législateur et de ceux qui tendent à surfer sur la vague de l’opportunité qu’offrent les multiples confusions et amalgames. Il leur revient d’insister sur la diversité des conceptions et des pratiques, et de la patience qu’il convient de témoigner pour ne pas entraîner la médiation sur une voie qui ne serait pas alternative mais une voie connue et pratiquée de l’échec. Il reste que la médiation se développe et que même ceux qui disent le contraire participent à son essor.

Il suffit de sortir de son espace pour se rendre compte de cette réalité : la médiation est multiforme et elle est désormais partout.

Une action sur le terrain populaire de la Foire de Paris du 30 avril au 12 mai 2013

Dans la perspective de rapprocher la performance de la médiation professionnelle des utilisateurs potentiels, les médiateurs professionnels sont nombreux à s’engager sur ce terrain de la promotion de la médiation des différends.

Cette année, une action très originale est reconduite avec la Foire de Paris. En 2012, c’était une expérience. Les résultats ont été suffisamment probants pour que les trois organisations de la médiation professionnelle aient eu envie de pérenniser cette action : du 30 avril au 12 mai, 30 médiateurs professionnels, et des médiateurs en cours de formation, tiendront en équipe des permanences médiation professionnelle sur la Foire de Paris, coordonnés par Fabien Eon et Jérôme Messinguiral.

Ces professionnels, engagés par le respect du Code d’éthique et de déontologie des médiateurs, le CODEOME, se mettent au service des visiteurs de la Foire de Paris, pour répondre à leurs préoccupations concernant des litiges ou conflits qu’ils peuvent avoir dans leur vie personnelle, social ou professionnelle ou qui seraient survenus lors de leurs achats sur le salon.

Assurez-vous que vous avez bien à faire à un médiateur professionnel

C’est ainsi que les médiateurs professionnels, impérativement membres de l’organisation syndicale professionnelle, la CPMN, apportent leurs compétences pour soutenir un dialogue visant la résolution amiable des différends. Ils offrent une véritable alternative entre la conception de la “gestion” (souvent lucrative et chronophage) des différends par l’adversité et leur résolution par la promotion de la qualité relationnelle et la découverte de la performance de l’altérité.

Vous trouvez la liste des médiateurs professionnels sur leur annuaire.

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