Politique

Rengaine : les choses s’améliorent mais pas pour tout le monde…

Pour aller à Suresnes ou bien à Charenton
Tout le long de la Seine on passe sous les ponts
Pendants le jour, suivant son cours
Tout Paris en bateau défile,
L’ cœoeur plein d’entrain, ça va, ça vient,
Mais l’ soir lorsque tout dort tranquille……. (suite…)

La médiation professionnelle, pour améliorer l’exercice de la libre décision et de la qualité relationnelle

La médiation, on en parle. Il n’y a pas un jour sans qu’il ne soit question de médiation, de médiateur, quel que soit le domaine : économique, politique, social, familial, entreprise, institutionnel… L’effort de promotion est constant, partout, dans le champ de l’initiative privée et dans l’action publique. Si le législateur français s’embrouille, confondant ici et là médiation, négociation, conciliation et arbitrage, il n’est pas le seul et la France n’est pas plus en retard que les autres pays sur ce point. Il n’y a pas de compétition à engager sur ce terrain : la médiation se répand partout et c’est pour le bien de tous. (suite…)

Le printemps arabe est un coma religieux

Comparer les événements qui ont lieu dans certains pays arabes au printemps des révolutions en Europe témoigne d’un sens curieux de l’analyse historique. Nous n’avons pas suffisamment de recul pour savoir ce que la chute de Ben Ali a ouvert ou fermé en Tunisie. Ce dictateur courtisé par l’ensemble de la classe politique française tenait son pays dans un coma. Le vocabulaire printanier correspond bien moins à la réalité que celui d’un état de santé. (suite…)

La comédie humaine, Depardieu et les politiciens français

Gérard Depardieu est entré dans ma vie avec son rôle de Cyrano de Bergerac. Le reste, je l’aurais presque oublié. Oubliés l’An 1 et Trop belle pour toi. D’évidence, je ne suis pas fan. Il n’a rien qui me plaise dans ses attitudes, dans ses rôles, dans sa diction. Je l’ai vu à l’écran, mais je ne l’ai pas retenu. A le voir, je me souviens qu’il est aussi lourd que son apparence. Et pourtant, il me serait presque devenu sympathique avec sa nationalité belge. Il me serait presque devenu agréable avec son émigration en Russie. Il aurait presque pris du panache. Mais pauvre Depardieu qui va pourlécher les babines du dictateur Poutine ! Pourtant, il aurait presque pris du Cyrano en tirant sa révérence à des politiques donneurs de leçons, eux qui devraient commencer par regarder dans leur propre cour et passer le balai sur leurs pratiques arrogantes. Gérard Depardieu commençait à m’amuser. Mais à peine commencé, c’est déjà fini. Une comète de la distraction. Les politiciens de France avec leurs engagements jamais tenus de changer la captation des pouvoirs citoyens, de baisser leurs rémunérations inadmissibles, devraient prendre exemple sur lui…

Pourquoi les homosexuels veulent-ils se marier ?

En France, la pensée de Descartes, l’avènement des Droits Humains, les progrès scientifiques ont créé des ruptures avec l’obscurantisme sur lesquels reposaient des systèmes d’autorité les plus arbitraires. Nous ne sommes plus dans une société où les conceptions intuitives, les sensibilités morales, les aspirations spirituelles, les fantasmes sociétaux de ceux qui détiennent des pouvoirs s’imposent à tous. Nous vivons dans une société qui ne repose plus sur l’idée qu’une volonté extérieure à l’individu déciderait de son existence.

Nous sommes dans une société qui a évolué vers la reconnaissance de l’individualité. Le droit est remis sur le métier pour l’adapter aux nouvelles considérations et aux besoins de chacun. Il ne doit plus répondre aux règlements de vie de quelques uns au nom de tous. Nous sommes dans une société où le droit est rediscutable. Nous passons d’une société de droit, c’est-à-dire de contrainte, à une société de médiation, c’est-à-dire de recherche de consensus. Les repères sociétaux ne vont plus du nivellement collectif à l’individu, mais de l’individu à l’intérêt collectif.

Nous sommes dans une société où l’effacement individuel devant la représentation collective ne s’impose plus. Il ne s’agit plus de traiter tout le monde selon les conceptions de quelques uns, mais de reprendre les éléments de droit pour permettre à chacun de ne pas se sentir déconsidéré par rapport à qui que ce soit. L’inversion anime le nouveau paradigme. Et le mariage, qui peut sembler être l’un des fondamentaux de notre organisation sociale, fait partie de ces repères qui sont légitimement revisités.

Du retournement de l’aspiration individuel au fantasme spirituel en société

Qu’est-ce que le mariage ? Une décision sociétale ou un choix entre des individus ? Si l’on retient que le mariage consacre un choix fait au nom de l’antériorité, pour une continuité de l’historicité, alors le mariage n’est pas une décision des individus. Il s’agirait d’une décision collective prise à l’initiative d’un groupe, selon les règles plus ou moins claires, ou des rites plutôt magiques. De ce fait, le mariage dépasserait l’individu et ne correspondrait pas plus à son choix qu’à une question de volonté. Des personnes s’uniraient parce qu’une force supérieure les y pousserait et les règles du mariage s’imposeraient pour empêcher leur remise en cause. Mais alors qui serait le rédacteur de ces règles ? Comment auraient-elles pu évoluer ? Comment se ferait-il qu’elles n’aient pas toujours été édictées et que par exemple elles n’apparaîtraient pas dans les textes sumériens, bien plus anciens que les textes bibliques qui ne les célèbrent pas plus ?

Si la mémoire collective existait, il serait possible de dire si le mariage a été encouragé à une période où la sédentarisation était une préoccupation pour ceux qui dirigeaient la société. Mais si le futur est un monde d’hypothèses, le passé est une source inépuisables d’interprétations.

Le mariage contre l’instabilité affective et pour la normalisation relationnelle

De tout temps, le mariage a résulté d’une implication individuelle, qu’il ait été imposé aux mariés ou choisi par eux.  Le mariage traduit une volonté déclarée de montrer un lien de deux individus à l’ensemble du corps social, comme la sédentarisation a conduit les individus à se reconnaître dans une identité collective.

L’évolution des rapports sociaux a fait reconnaître le droit au divorce, comme l’identité collective se repousse au delà des frontières. On accepte désormais que le lien affectif n’existant plus, il en reste un lien contractuel qui peut être rompu. Conséquemment, si le mariage est considéré comme un élément fondateur de l’organisation sociale, le divorce en est devenu son pendant. Contexte d’affrontements et de troubles multiples, le mariage ne pouvait tenir dans une société où la vie se prolonge. Ainsi, plus sûrement que le mariage, le divorce est facteur de paix sociale.

Si au moyen-âge le mariage a pu représenter un outil au service de la consolidation sociale, en conjuguant sédentarisation avec la foi et la fidélité, dans notre société, le mariage ne peut être considéré que comme un élément contractuel. En conséquence, à ce titre, il serait discriminatoire de ne pas autoriser toutes les personnes de pouvoir le conclure.

La loi du futur tournée vers le présent

Sachant que le mariage est en voie d’extinction, l’offrir aux homosexuels pourrait sembler mesquin. Mais si le mariage peut traduire la chance de se sentir sécurisé dans une relation amoureuse au sein d’une organisation sociale, tout en ayant vécu une période extraordinaire de normalité, pourquoi en priver qui que ce soit ? C’est donc moins en raison de l’égalité que ce droit doit être réformé, mais plutôt au nom de l’altérité. Le droit au mariage ne porte pas  atteinte à celui au célibat. Ceux qui font ce choix, hommes et femmes d’église, privent l’humanité de leur potentiel géniteur et personne ne songe à leur en faire reproche. Ainsi droit au mariage et droit au célibat relève d’une liberté aussi fondamentale que du droit de disposer de son corps.

Le code civil n’a rien de magique. Souhaitons à aucune génération d’avoir un code sur lequel elle ne pourrait revenir. Le droit est appuyé sur les ruines du passé et il régit le présent. Il tend à retenir les changements et les progrès.

Habituellement, le droit provient du passé. Avec des réformes de ce type, nous offrons aux générations futures une plus grande facilité relationnelle. Nous leur offrons des réponses de liberté. C’est ainsi que le droit peut commencer à s’inscrire dans une démarche anticipatrice. En cessant d’être contraignant, il devient émancipateur.

== A voir également, si vraiment vous disposez de temps, entre minuit et six heures du matin, l’enregistrement de l’audition des représentants religieux par la commission parlementaire, du 29 novembre 2012. A noter que les libres penseurs n’avaient pas été invités. Mais ils ne sont pas organisés en religion…

Pourquoi la médiation d’Alain Juppé a échoué ?

L’échec de l’intervention d’Alain Juppé dans l’affaire de la présidence de l’UMP opposant François Fillon et Jean-François Copé, a fait l’objet d’un constat par une presse unanime : le maire de Bordeaux, fondateur de l’UMP avait peu de chance d’aboutir. Pourquoi ? Pour les raisons de la mauvaise volonté des protagonistes ? Et si, en réalité, les deux querelleurs n’étaient pour pas grand chose dans cet échec ? Et si en réalité il fallait trouver l’échec de cette intervention dans le manque de savoir faire de l’intervenant ?

Cette question intéresse les médiateurs en herbe. Elle place la barre où elle doit l’être pour confronter les intervenants dans les conflits à un niveau d’exigence suffisant pour qu’ils cessent de reporter leur manque de compétence. Les parties en conflit sont disposées à en découdre. Elles cherchent à s’imposer à l’autre, sinon elles ne seraient pas en conflit. Dans l’affrontement, elles sont donc dans leur rôle. Mais, l’intervenant prétendu médiateur qui se hisse sur ses exigences, est-il réellement dans son rôle ? C’est là le sens de mon interrogation et de ma proposition de réflexion.

Quelques auteurs, comme dans l’Express, se sont aventurés dans une tentative d’analyse des causes de cet échec. Mais les explications politiques ne permettent pas de comprendre ce qui conduisait irrémédiablement à cette impasse. Certains en arrivent même à supposer qu’Alain Juppé ne voulait pas vraiment réussir. Ils lui trouvent des justifications psychologiques avec la relation à l’échec comme une aspiration profonde. Les voies de la psychologie sont aussi sinueuses que d’autres sont réputées impénétrables. Un chroniqueur, Alain Chandelier, dresse un portrait fantasmatique du médiateur idéal, dans lequel il projette sa manière de considérer l’efficacité de l’intervention d’un médiateur : mère Teresa avec un casque bleu. De fait, même si le portrait robot qu’il fait est vraiment à côté de la réalité, il reste le seul à avoir tenté de répondre à la question qui revient en boomerang sur le tiers : pourquoi cette mission a-t-elle échoué ?

La perte de confiance

Il est cependant possible d’avoir une approche plus rationnelle de la situation et de l’observer avec les outils de la médiation professionnelle. La première cause de l’échec apparait en transparence de l’intervention d’Alain Juppé. Dans notre espace professionnel, nous savons que la première condition qu’il s’agit d’obtenir pour lancer une médiation est un minimum minimorum de confiance. A priori, Alain Juppé pouvait l’avoir de la part des deux protagonistes. Mais il a compromis ce potentiel tout au long de ses prises de paroles publiques.

Le manque d’impartialité en devenant intéressé par des aspects de la situation

L’autre erreur d’Alain Juppé a été de gâcher cet acquis en entrant lui-même dans la relation conflictuelle comme un nouveau protagoniste. Il a brouillé l’impartialité en se mettant dans la posture de celui qui assurerait un intérim en attendant qu’une autre solution soit trouvée. Jean-François Copé ne pouvait accepter cela, c’était évident. L’accepter c’était abandonner et se mettre dans une position de devoir reconquérir, alors qu’il était dans la place, occupait l’espace, avait son fauteuil et son bureau dans les locaux du siège même de l’UMP. Les conditions d’Alain Juppé ne pouvaient trouver un accueil de la part des deux adversaires.

L’atteinte à la confidentialité

Et toutes ces erreurs se cristallisent dans une seule. une erreur grossière et majeure, qui passe inaperçue tant elle est énorme : l’atteinte à la confidentialité. Alain Juppé a pris la parole avant d’intervenir. Plusieurs fois. Il a médiatisé son intention. Il a proclamé ses propositions. Il a dit ce qu’il pensait de la situation. Il a tenu des propos moralisateurs envers l’un et l’autre. Il s’est présenté comme un pater familias tandis que des invectives pleuvaient sur une situation que l’un des protagonistes dénonçait comme mafieuse. Toute la presse était au courant de ce qu’il allait dire et les deux acteurs étaient informés comme n’importe qui. N’importe qui ? Précisément ce que ni l’un ni l’autre ne souhaite être. Ils étaient invités, voire sommés de se démettre et à se soumettre. Le sentiment d’être méprisés ne pouvait qu’être au rendez-vous de ces prises de positions médiatiques. Les journalistes rapportaient les propos avec une délectation évidente et participaient à creuser le trou de cette médiation qui avait tant de mal à se mettre en place.

Pas une médiation, en tout cas pas professionnelle, mais l’échec d’une conciliation

Si l’on nomme médiation l’intervention de tout tiers peu compétent, mais motivé, intéressé par un résultat et concerné par l’affaire, alors c’était une médiation. Mais la médiation ne consiste pas en cela. C’est vrai qu’il existe des formes de médiation très diverses : connotation religieuse, connotation juridique, connotation psychologique. La morale, l’intuition, le bon sens, le rappel à la règle, aux us et coutumes, sont les moyens utilisés par toutes ces pratiques. Et c’est vrai qu’Alain Juppé a eu recours à des accents moralisateurs. Ces formes de médiation enseignées un peu partout, sont en fait des pratiques associées à la conciliation : on propose des solutions. On recommande et tente de convaincre. A tout le moins, on pourrait considérer qu’il s’agissait d’une tentative de conciliation, le conciliateur étant un tiers qui recommande des solutions sans pouvoir les imposer. Voire il aurait pu s’agir d’un arbitrage, mais Alain Juppé n’avait pas l’autorité pour cela.

Donc, il s’agissait plus d’une conciliation qui a échoué que d’une médiation.

Ce qu’il convient de retenir

Pour se lancer dans l’aventure de la résolution d’un conflit, il convient de respecter le Code d’éthique et de déontologie des médiateurs professionnels, notamment par ces éléments de postures avec lesquels on ne négocie pas : impartialité, neutralité et indépendance. Et aussi, sans tergiverser, de garantir la plus stricte confidentialité.

Ces quatre aspects tendent à restreindre très clairement le nombre d’intervenants possibles aux médiateurs qui se sont engagés dans une formation sérieuse dispensée exclusivement par l’EPMN et dans le respect du CODEOME.

La Valls des droits va-t-elle continuer ?

Une française, Aurore Martin, a été extradée en Espagne parce qu’elle est militante d’un parti légal en France mais illégal en Espagne. Ne serions-nous plus en sécurité en France pour combattre ce qui nous apparait injuste dans le monde ?

Quel est donc le sens d’agresser ainsi des convictions ? Quel est donc cet écho de bottes que nous entendons frapper ? Quelle est donc cette forfaiture ? Quel est donc cet anachronisme ? Imaginerions-nous là-bas le franquisme et ici le pétainisme ? La crise économique doit-elle trouver d’autres exutoires ? Des boucs émissaires ? Des politiciens auraient-ils besoin de distraire l’opinion parce qu’ils ne parviendraient pas à tenir des promesses illusoires ?

Il est terriblement regrettable de constater que le ministre de l’intérieur, certes le plus répressif de tous ceux que la gauche socialiste ait pu fédérer, se lance dans une transgression fondamentale du droit coutumier. Faut-il rappeler que Manuel Carlos Valls, d’origine espagnole, est devenu français en 1982 ? Doit-on y voir là l’explication de cette complicité avec l’Etat Espagnol ? Expédier une personne de nationalité française dans un pays qui la condamne déjà à une peine de prison, tandis qu’en France elle ne serait pas poursuivie pour ce qui lui est reproché là-bas, c’est inquiétant. Inquiétant pour chacun. Inquiétant pour tous. Dramatique pour Aurore Martin. Dramatique aussi pour toutes les personnes militantes pour des causes extérieures à la France.

Plus d’une décennie de prison ! Douze ans de réclusion pour avoir été solidaire du parti indépendantiste Batasunat illégal en Espagne mais légal en France.

Rappelons que Batasunat est un parti politique socialiste, féministe, libertaire, écologiste, ce qui est contraire au position de Manuel Carlos Valls. Batasunat est indépendantiste, certes. Ce parti est celui de ceux qui défendent une cause légale en France, prétendument terroriste en Espagne. Et puis Aurore Martin est française. Mais elle va devoir faire la preuve de son innocence en étant enfermée là où la police franquiste l’aurait torturée. N’y-a-t-il pas une honte qui plane sur cet hiver politique ? Ne doit-on pas d’abord prouver qu’une personne est coupable pour la condamner ? L’Europe de la politique se corrompt-elle totalement ?

Il faut bien constater que le pays des droits de l’Homme n’est pas celui des droits de la Femme. Faudrait-il qu’elle soit voilée pour qu’il n’osât pas y toucher ? Même le Front National vient faire cause commune pour dénoncer cette mesure agressive contre tous les principes que nous sommes en droit d’attendre du pays où nous sommes nés.

L’indignité est-elle installée place Beauvau ? A quoi faut-il s’attendre maintenant ? Combien de personnes ont voulu que cesse le système qui a été mis en place lors du précédent quinquennat ? Est-ce pour racoler sur les terres plus arides en liberté qu’une Française est envoyée dans les geôles espagnoles ? C’est incompréhensible. Le candidat François Hollande s’était prononcé sur l’affaire. Devenu président, la mémoire lui ferait défaut et les circonstances l’inviteraient à changer de point de vue. On n’ose y croire. Le parti communiste proteste. La Ligue des droits de l’Homme proteste. Le parti écologiste proteste. Des élus UMP se joignent à cette protestation, avec le Front National.

Le jeu est dangereux de provoquer ainsi une mobilisation si souterraine qu’elle risque de faire basculer les ambitions de rester longtemps au sommet de l’Etat. D’ici là, l’inquiétude citoyenne ne peut qu’être forte. Comment avoir confiance en des politiques qui bradent la citoyenneté ? Avec cette politique, sommes-nous en sécurité dans notre propre pays ?

Les photos sont extraites de Wikipedia

Pas d’accord avec Martin Bouygues

Martin Bouygues, le patron de Bouygues Télécom, s’est fendu d’une longue lettre aux parlementaires. Il leur a expliqué que son nouveau concurrent Free l’oblige à prendre des mesures drastiques. Seule l’insolence semble payer. Un courrier aux parlementaires pour prévenir les risques d’être accusé d’avoir une politique managériale à la France Télécom. Tandis que nous supportons tous une entente si elle n’est pas illicite est de type préjudiciable, entre les grands opérateurs de l’accès au réseau de télécommunication, un tour de joué sur la scène médiatique de celui qui crie le premier apparait comme une victime. On plaint le malheureux.

Nous sommes encore nombreux à nous souvenir que les réseaux téléphonique et électrique ont été financés par nos parents et grands parents. Par des habiletés de gestion, les affaires prétendument pas rentables quand elles étaient 100% publiques ont viré au bonus après avoir été privatisées. La plupart des gestionnaires ont juste changé de mobilier et assis dans de nouveaux fauteuils ont su jongler avec la distribution des actions et des déficits pour faire payer par les contribuables (l’État resté actionnaire majoritaire) les investissements et les plus gros frais d’entretien, tandis que le gros actionnariats passent à la caisse des dividendes. Des paillettes pour les petits.

Une action pour justifier une politique RH à la France Télécom ?

Lorsque les méthodes et stratégies, comme les modes de gestion et la politique des ressources humaines sont dénoncés, les salves d’arguments pleuvent pour noyer l’évidence. Martin Bouygues utilise abusivement l’existence de Free pour justifier son système de profit et surtout sa politique dévastatrice de gestion des ressources humaines. Il annonce une baisse d’effectif dans son entreprise, mais il n’annonce pas une baisse des profits. 556 salariés en moins dit-il aux parlementaires. Free aurait fait venir 134000 clients de chez Bouyghes, sur un total de 12 500 000 clients et ça serait la cause de cette décision prise à contre cœur.

Remettons les pendules à l’heure : en revenant seulement à 2008, Bouygues Telecom n’a jamais connu le moindre contre coup d’une crise qui au contraire semble lui bénéficier. Plus les gens sont mal, plus ils ont besoin de resserrer les liens : aujourd’hui, le téléphone portable sert notamment à cela. Le modèle de la télécommunication se porte si bien qu’on cherche encore comment faire payer de plus petits abonnements pour des choses inutiles à un nombre aussi important de gens.

Donc en 2008, Bouyghes a enregistré un chiffre d’affaires en hausse de 6 %, à 5,08 milliards d’euros, et un bénéfice net en hausse de 9 %, à 534 millions. Il visait alors une croissance de son chiffre d’affaires de 2 % en 2009. Il a toujours indiqué que la crise avaient des « conséquences limitées » sur son activité. Autrement dit, pas de conséquences négatives, au contraire.  Les télécoms restent le premier contributeur au résultat du groupe. En 2011, Bouyghes annonce un chiffre d’affaire de 5, 741 milliards d’euros. Tout va bien, c’est le moment de baisser les charges de personnel…

Le Maroc, le grenier d’un clan

Dans un pays où le revenu annuel par habitant ne dépasse pas les 5000 dollars (chiffres 2009), la fortune du roi est évaluée à 7,5 milliards de dollars (sources Forbes – juillet 2009). Elle est devant celle de l’émir du Qatar et du Koweït. Dans un contexte de crise pour nombre de pays, la fortune du “roi des pauvres” a doublé en cinq ans. En 2008, la dette publique marocaine a augmenté de 10% pour atteindre 20% du PIB, soit 11, 9 milliards d’euros. Le classement Forbes a placé le fils d’Hassan II en tête des riches qui ont le plus augmenté leur fortune d’année en année. Simultanément, le nombre de pauvres est estimé entre 4,5 et 5 millions, soit plus d’un million de foyer.

Le salaire minimum légal  est de 5 euros, soit 55 dirhams, sans que les syndicats ne parviennent à faire respecter cette règle dans ce pays encore féodal. Au même moment le roi touche une rémunération plus élevée que celle du président des Etats Unis. Mohamed VI a fait adopter par son parlement un salaire mensuel de 40000 euros, non imposables comme les revenus de tous les domaines royaux, avec leurs productions agricoles.

Le capitalisme monarchique

Le montant des émoluments, pensions, salaires royaux s’élèvent à 2,5 millions d’euros, qui s’ajoutent à 31 millions d’euros pour les œuvres royales, sans contrôle de qui que ce soit. Il faut ajouter encore 70 millions pour le personnel au service du roi et de sa famille. Pour le parc automobile, il faut encore que le peuple marocain cotise de ses impôts pour que l’État verse au roi 6 millions d’euro. Pour habiller le roi, il faut que l’Etat sorte 2 millions d’euro. Le coût des animaux domestiques royaux est calculé pour un montant d’un million d’euro. Les déplacements et sorties royales sont chiffrées à 38 millions d’euro. Et pour que tout le monde qui accompagne le roi dans ses déplacements soit hébergé, la facture s’élève à 1, 8 million d’euro.

A comparer le budget de l’Elysée dans une période particulièrement dépensière, en 2009, sous Nicolas Sarkozy, qui avait plus que doubler ses revenus présidentiels et considérablement augmenté les dépenses, malgré tout cela, les dépenses du roi du Maroc ont été deux fois supérieures à celle du président français, soit 228 millions d’euros contre 112,6. Cette année là, le PNB du Maroc a été de 90 milliards de dollars tandis que celui de la France a été de 2750 milliards de dollars. Le rapport mondial sur le développement humain, de source onusienne, a classé le royaume chérifien 126ème sur 177 pays.

Depuis l’intronisation de Mohamed VI, fin 1999, l’économie marocaine s’est monarchisée. On s’attendait à de véritable progrès économique et sociaux, mais l’avidité a-t-elle eu raison des intentions initiales ? Où est passée la concurrence ? Elle semble régulée selon le principe d’un seul gagnant : le réseau royal. La formule économique mise en œuvre est que quand il y en  pour deux, c’est qu’il y en aura plus pour lui ; s’il y en a pour tous, c’est encore mieux pour le roi.

Comment faire de l’argent sur les plus pauvres ?

Exemple. Une application de la devise économique a été faite sur les logements sociaux. Le roi possède une trentaine de palais et n’y va jamais que dans deux ou trois, tandis que nombre de Marocain n’ont pas de logis.

Alors qu”il s’agit de répondre aux besoins élémentaires de la population la plus pauvre, la spéculation et la corruption gonflent les profits qui conduisent aux mêmes profiteurs et culmine en haut du minaret. La richesse du Maroc, c’est le grenier (makhzen) du roi. La solidarité affichée passe à la trappe de la voracité clanique. Téléphonie, immobilier, assurances, énergie, banques, transports, distribution, tout est destiné à n’appartenir qu’à ce roi qui joue de plus en plus seul sur son morocopoly. Il a inventé le capitalisme monarchique. Tout comme les droits humains sont passés au crible des calculs d’une rentabilité immédiate, la citoyenneté est une illusion. Les sujets du roi sont des serviteurs, des employés et des clients de l’entreprise royale. Ce monarque le plus absent de la scène politique est un businessman qui possède une entreprise personnelle : le Maroc. Le patriotisme des entrepreneurs et politiciens marocains est mesuré à leur capacité à servir les intérêts du trône alaouite.

Un modèle pire que les pays du printemps arabe ?

Tandis que le voisin Libyen s’est fait lyncher pour moins que ça, le pseudo-descendant de Mahomet spécule avec l’assentiment des politiciens français. Sarkozy et Chirac, ainsi qu’un grand nombre de leurs ministres, tous ont bénéficié des largesses du roi spoliateur, séjournant régulièrement dans des résidences complaisamment mises à leur disposition. Nicolas Sarkozy a ses habitudes dans les résidences chérifiennes. Après sa mise à l’écart par l’électorat français, il a pris refuge une nouvelle fois et pendant trois semaines, dans le pays holding du roi héritier.

Dans un pays où le pouvoir spirituel et la personnification de la morale sont concentrés chez la même personne qui détient les clés de l’économie, comment envisager sérieusement que la liberté puisse être garantie ?

Dans un pays où les règles de la concurrence sont soumises à l’envie et la jalousie du roi et de ses affidés, où l’esprit d’entreprise peut se heurter aux caprices des gens du palais, l’initiative vacille au gré d’une météorologie qui empêche tout investissement sérieux, pour les grandes et les petites entreprises.

Et ce pays obtient des crédits pour mettre en place et développer la libre décision : la médiation. ONG américaines, politiciens et financiers suisses, associations anglaises, un petit monde spéculateur se bouscule pour aider à la mise en place d’un système de médiation dont on sait déjà qu’il servira des intérêts bien entendus.

Peut-être que, prévoyant comme il est, ce monarque spéculateur, a-t-il prévu un parachute doré dans le cas où il serait débarqué…

Sarkozy, 1er mai et inculture

Le 1er mai 1886, une manifestation est organisée par les syndicats ouvriers aux États Unis. Des centaines de milliers de personnes sont au rendez-vous. La revendication porte sur la journée de 8 heures.  Les syndicats se sont donnés deux ans pour obtenir gain de cause. La grève est en passe de devenir générale et de s’étendre dans le Monde. Le mouvement s’étend. Un changement est annoncé dans les pays industrialisés. C’est la fin du XIX° siècle. Le 3 mai, des manifestants sont tués par la police. Le 4 mai, une explosion fait un mort parmi les policiers et des affrontements meurtriers s’ensuivent. Au total, huit policiers sont tués. Huit anarchistes seront vite jugés et condamnés, trois à la prison à vie et cinq à mort. Sans preuve. Ils seront pendus, sauf l’un d’entre eux qui s’est suicidé pour empêcher sa pendaison.

En 1893, le procès est révisé. Le montage politico-policier est dénoncé. Albert Parsons, Adolph Fischer, George Engel, August Spies et Louis Lingg sont reconnus innocents. Les trois autres, Michael Schwab, Oscar Neebe et Samuel Fielden, sont graciés et libérés.

Le 1er mai 1891, en France, à Fourmies, dans le Nord, neuf morts et 30 blessés. La majorité des manifestants tués sont adolescents.

C’est en référence à ce jour historique de mai que le 1er mai a été retenu comme jour de revendication pour les syndicats ouvriers. Où va donc se nicher ce mélange d’inculture et de démagogie d’un ministre de l’intérieur devenu président de la république, impliqué dans tant de magouilles financières, pour venir s’afficher un 1er mai ? Et de plus en venant affirmer son alliance avec un Front National qui depuis sa création oscille entre le nazisme et le fascisme…

Qu’y-a-t-il de commun, sur le plan social et politique entre ce mouvement revendicateur et celui d’un leader de droite offrant 450 millions d’euro à un trafiquant de la finance ? Il est trop facile d’en rajouter.

Aussi que Nicolas Sarkozy envisage de récupérer les mouvements du 1er mai et la démagogie accompagnée de fourberie et de duplicité est au rendez-vous. Mais peut-être en réalité, l’étalage d’inculture dont il a témoigné pendant ce quinquennat suffit-il a expliquer cette ultime tentative de récupération…

L’ignorance crasse ne peut que produire une succession de maladresses.