Pas d’accord avec Martin Bouygues

Pas d’accord avec Martin Bouygues

Martin Bouygues, le patron de Bouygues Télécom, s’est fendu d’une longue lettre aux parlementaires. Il leur a expliqué que son nouveau concurrent Free l’oblige à prendre des mesures drastiques. Seule l’insolence semble payer. Un courrier aux parlementaires pour prévenir les risques d’être accusé d’avoir une politique managériale à la France Télécom. Tandis que nous supportons tous une entente si elle n’est pas illicite est de type préjudiciable, entre les grands opérateurs de l’accès au réseau de télécommunication, un tour de joué sur la scène médiatique de celui qui crie le premier apparait comme une victime. On plaint le malheureux.

Nous sommes encore nombreux à nous souvenir que les réseaux téléphonique et électrique ont été financés par nos parents et grands parents. Par des habiletés de gestion, les affaires prétendument pas rentables quand elles étaient 100% publiques ont viré au bonus après avoir été privatisées. La plupart des gestionnaires ont juste changé de mobilier et assis dans de nouveaux fauteuils ont su jongler avec la distribution des actions et des déficits pour faire payer par les contribuables (l’État resté actionnaire majoritaire) les investissements et les plus gros frais d’entretien, tandis que le gros actionnariats passent à la caisse des dividendes. Des paillettes pour les petits.

Une action pour justifier une politique RH à la France Télécom ?

Lorsque les méthodes et stratégies, comme les modes de gestion et la politique des ressources humaines sont dénoncés, les salves d’arguments pleuvent pour noyer l’évidence. Martin Bouygues utilise abusivement l’existence de Free pour justifier son système de profit et surtout sa politique dévastatrice de gestion des ressources humaines. Il annonce une baisse d’effectif dans son entreprise, mais il n’annonce pas une baisse des profits. 556 salariés en moins dit-il aux parlementaires. Free aurait fait venir 134000 clients de chez Bouyghes, sur un total de 12 500 000 clients et ça serait la cause de cette décision prise à contre cœur.

Remettons les pendules à l’heure : en revenant seulement à 2008, Bouygues Telecom n’a jamais connu le moindre contre coup d’une crise qui au contraire semble lui bénéficier. Plus les gens sont mal, plus ils ont besoin de resserrer les liens : aujourd’hui, le téléphone portable sert notamment à cela. Le modèle de la télécommunication se porte si bien qu’on cherche encore comment faire payer de plus petits abonnements pour des choses inutiles à un nombre aussi important de gens.

Donc en 2008, Bouyghes a enregistré un chiffre d’affaires en hausse de 6 %, à 5,08 milliards d’euros, et un bénéfice net en hausse de 9 %, à 534 millions. Il visait alors une croissance de son chiffre d’affaires de 2 % en 2009. Il a toujours indiqué que la crise avaient des « conséquences limitées » sur son activité. Autrement dit, pas de conséquences négatives, au contraire.  Les télécoms restent le premier contributeur au résultat du groupe. En 2011, Bouyghes annonce un chiffre d’affaire de 5, 741 milliards d’euros. Tout va bien, c’est le moment de baisser les charges de personnel…

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