Archives mensuelles - avril 2012

Sarkozy, 1er mai et inculture

Le 1er mai 1886, une manifestation est organisée par les syndicats ouvriers aux États Unis. Des centaines de milliers de personnes sont au rendez-vous. La revendication porte sur la journée de 8 heures.  Les syndicats se sont donnés deux ans pour obtenir gain de cause. La grève est en passe de devenir générale et de s'étendre dans le Monde. Le mouvement s'étend. Un changement est annoncé dans les pays industrialisés. C'est la fin du XIX° siècle. Le 3 mai, des manifestants sont tués par la police. Le 4 mai, une explosion fait un mort parmi les policiers et des affrontements meurtriers s'ensuivent. Au total, huit policiers sont tués. Huit anarchistes seront vite jugés et condamnés, trois à la prison à vie et cinq à mort. Sans preuve. Ils seront pendus, sauf l'un d'entre eux qui s'est suicidé pour empêcher sa pendaison. En 1893, le procès est révisé. Le montage politico-policier est dénoncé. Albert Parsons, Adolph Fischer, George Engel, August Spies et Louis Lingg sont reconnus innocents. Les trois autres, Michael Schwab, Oscar Neebe et Samuel Fielden, sont graciés et libérés. Le 1er mai 1891, en France, à Fourmies, dans le Nord, neuf morts et 30 blessés. La majorité des manifestants tués sont adolescents. C'est en référence à ce jour historique de mai que le 1er mai a été retenu comme jour de revendication pour les syndicats ouvriers. Où va donc se nicher ce mélange d'inculture et de démagogie d'un ministre de l'intérieur devenu président de la république, impliqué dans tant de magouilles financières, pour venir s'afficher un 1er mai ? Et de plus en venant affirmer son alliance avec un Front National qui depuis sa création oscille entre le nazisme et le fascisme... Qu'y-a-t-il de commun, sur le plan social et politique entre ce mouvement revendicateur et celui d'un leader de droite offrant 450 millions d'euro à un trafiquant de la finance ? Il est trop facile d'en rajouter. Aussi que Nicolas Sarkozy envisage de récupérer les mouvements du 1er mai et la démagogie accompagnée de fourberie et de duplicité est au rendez-vous. Mais peut-être en réalité, l'étalage d'inculture dont il a témoigné pendant ce quinquennat suffit-il a expliquer cette ultime tentative de récupération... L'ignorance crasse ne peut que produire une succession de maladresses.  
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La couleur des sentiments

Le titre de cette œuvre renvoie aux tressaillements multiformes que nous avons tant de mal à maîtriser. Souvent tenus par la laisse des règles sociales, les sentiments puisent leur force dans nos émotions. Nous les subissons aussi sûrement qu’ils nous agissent. Mais ils sont également générés par nos dissensions internes, nos a priori, nos préjugés, nos retenues, nos non-dits quelles qu’en soient les tournures, nos attirances ou nos rejets. Le cinéma américains nous a habitué à ces effets sur les glandes lacrymales. Dans la Couleur des sentiments, le jeu nous expédie au début de la télévision. Les appareils ménagers viennent juste de faire leur apparition. La ménagère se fait offrir un aspirateur à son anniversaire. Ce sont les débuts de la robotique. Au pays des exécutions par électrocution et injection létale, les bonnes sont encore noires, mal payées. La discrimination bat son plein au Far West. Pourtant, face à ces situations que le bon ton réprouve désormais, le mérite revient à une jeune blanche dont la conscience flirte avec la rancœur.Encore une histoire brodée sur le" style Avatar. Si le monde va mal, malgré tout il sera sauvé par l'esprit américain. Tout n'est pas perdu, au contraire. La morale américaine sera la dernière, mais elle sera sauvée. Revenons à la ra rancœur. La rancœur, parce que la mère de la jeune femme a renvoyé la vieille nounou noire, la rejetant sans plus de considération. Ce n'est donc pas une rancune, ni un remord, mais une rancœur qui sera la véritable héroïne de l'ouvrage et du film éponyme. Car la rancœur est bien ce sentiment qui fait ressentir un malaise lorsqu'on pense à une personne qui aurait selon nous profité de sa position dominante sans que la victime ne puisse pas même réagir. C'est un sentiment fait d'empathie et de sympathie, ou simplement de solidarité. Mais il est aussi fortement emprunt d'un regret de n'avoir pu soi-même être là pour empêcher l'action que nous jugeons injuste. Ainsi se distingue trois types de regrets, pour autant de conflit en soi :
  • le remord qui est ce sentiment de n'avoir pas fait quelque chose ou au contraire d'avoir fait une chose que nous regrettons ;
  • la rancune qui est ce sentiment que quelqu'un nous a fait ou pas une chose que nous regrettons d'avoir subi sans plus nous affirmé ou pouvoir le faire ;
  • et la rancœur qui est ce sentiment et chargé d'amertume envers une personne, pour ne pas avoir pu l'affronter lorsqu'elle a fait quelque chose (ou pas) à l'égard d'une autre pour qui nous éprouvons de la sympathie.
Tout le film tient dans la mise en scène de la rancœur. Le conflit interne de la jeune femme a un effet puissant. Maîtrisé, il devient un révélateur de l'absurdité sociétale. Finalement, sans le paraître, il s'agit d'un film d'action, puisqu'il narre comment, par de micros actions, une société peut être conduite à des changements profonds.
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