Neurosciences

La médiation professionnelle, une approche neuroscientifique ?

Et si vous essayiez votre cerveau ?

À la croisée de la rigueur méthodologique et des dynamiques cérébrales, la médiation professionnelle s’impose comme un art de la raison appliquée aux relations humaines. Là où l’émotion domine, où l’incompréhension s’installe, elle trace un chemin structuré vers la clarification et l’ajustement des postures. Mais qu’est-ce qui la rend si puissante ? En plongeant au cœur des mécanismes neuronaux, nous découvrons une résonance inattendue : une méthode qui épouse les processus mêmes qui façonnent notre perception, notre régulation émotionnelle et nos décisions. Comprendre ces liens, c’est ouvrir la porte à une pratique renouvelée de la médiation, où chaque échange devient un levier de transformation.

Rationalité et cognition : un fondement scientifique de la médiation professionnelle

Pourquoi la médiation professionnelle permet-elle de résoudre des différends là où d'autres approches se heurtent à des blocages ? Si la question vaut d'être posée, ce n'est pas en comparant avec les autres méthodes que les vraies réponses se trouvent. Celles-ci se trouvent dans les avancées en neurosciences qui offrent aujourd'hui une opportunité scientifique pour comprendre pourquoi les techniques d'ingénierie systémique relationnelle® (ISR) appliquées en médiation professionnelle sont efficaces.

Un simple constat pourrait permettre de comprendre : la rationalité est le principe rigoureux de structuration de la méthodologie de l'ISR et c'est un phénomène si accessible et systémique du fonctionnement cérébral qu'il nous échappe lorsque la méthode nous fait défaut.

Puisque la communication est une construction cognitive, son organisation suit les mêmes principes de structuration que ceux qui régissent le fonctionnement cérébral. La médiation professionnelle est une pratique de la communication assistée par un tiers, le médiateur professionnel, ce n'est pas une méthode alternative de règlement des différends (Lascoux - 2017).

Mais le scepticisme quant à la rationalité est si fort que sa démonstration ne parvient pas à convaincre et des preuves multiples deviennent nécessaires pour emporter les convictions. Autrement dit, les résistances à la rationalité sont renforcées par des schémas cognitifs préexistants et des biais émotionnels. Et ce n'est pas toujours suffisant tellement la crédulité fait son lit dans les schémas cérébraux !

Ainsi, les principes de la médiation professionnelle ont une correspondance dans les dynamiques neuronales qui gouvernent les processus de prise de décision, de régulation émotionnelle et d'adaptation cognitive.

Plasticité cérébrale et adaptation

Le cerveau humain n'est pas figé dans ses représentations. Il révèle une plasticité constante (OCDE, 2007) qui lui permet d'ajuster ses schémas cognitifs et comportementaux en fonction de nouvelles expériences. Cette capacité est exploitée en médiation professionnelle pour accompagner les personnes dans la révision de leurs pensées limitantes et la reconstruction de leurs interactions relationnelles. Contrairement à une approche gestionnaire qui cherche à contenir le conflit par des implicites culturels et des compromis, la médiation professionnelle mobilise des processus cognitifs, par "l'élévation et la déclinaison conceptuelles", pour restructurer la dynamique relationnelle des parties impliquées, lesquels s'avèrent confortés par les observations de la plasticité cérébrale.

Même si certains blocages peuvent paraître échapper à la médiation professionnelle en raison d’influences externes, sa structuration cognitive reste un levier clé pour accompagner les parties et favoriser des ajustements relationnels. Aborder les mécanismes qui échappent à l'intentionnalité est une voie très opérationnelle.

Régulation des émotions et prise de décision

Le fonctionnement du cerveau repose sur un équilibre entre l'amygdale, centre de la régulation émotionnelle, et le cortex préfrontal, siège de l'analyse rationnelle. Lorsque les émotions prennent le dessus, les capacités de prise de recul et d'évaluation des conséquences sont altérées. Une posture exclusivement centrée sur la personne, caractéristique de l'altérocentrage, typique de la médiation professionnelle (Lascoux - 2017, 2019), favorise la mobilisation du cortex préfrontal, parce qu'elle engage un processus d'appropriation conceptuelle. L'échange entre le médiateur et son interlocuteur favorise un cheminement qui l'amène à dépasser ses réactions impulsives et de structurer sa prise de décision. L'identification des invariants de l'adversité, détaillés et analysés, permet d'interrompre les boucles répétitives d'entêtement, lesquelles sont souvent renforcées par les approches fondées sur les modèles de 'gestion des conflits' et de négociation priorisant les enjeux et les intérêts, au détriment des révisions de positionnements. Contrairement à la méthode de négociation dite 'raisonnée' (raisonnable - cf. la méthode de Roger Fisher et William Ury), il est essentiel de recentrer l'approche sur les positionnements eux-mêmes, plutôt que de privilégier les intérêts apparemment en présence.

La médiation professionnelle a-t-elle des limites ?

Si la médiation professionnelle repose sur des principes fondés sur l’usage de la raison, certaines situations de conflit présentent des imbrications relationnelles qui peuvent compliquer la dynamique de résolution. C’est notamment le cas lorsque des acteurs multiples, bien qu’invisibles dans l’échange direct, influencent lourdement les positions des parties en présence.

Ce type de situation se retrouve dans les conflits internationaux où des dirigeants politiques ou économiques externes sont impliqués. Les décisions prises en apparence sur des bases rationnelles peuvent être, en réalité, contraintes par des obligations tacites qui grèvent toute marge de négociation réelle. La corruption est la principale cause de la dénaturation du processus. Les protagonistes ne sont parfois même pas en capacité d’envisager une réflexion sur les fondements de leur posture, sinon par des arguments contradictoires et toujours dans la surenchère, sans crédibilité. Ce type de comportement n'est pas facile à restituer par le médiateur qui se trouve confronté à des manifestations ostentatoires de légitimité. Ici, il peut sembler que seul le temps puisse permettre de venir à bout du différend, or, c'est la difficulté de l'identification des facteurs des conflits. Dans ces situations, la capacité du médiateur (son audace !) à restituer les facteurs bloquants devient déterminante.

Dans ces situations, la médiation professionnelle peut être entravée non par une absence de rationalité des parties directement concernées, mais par l’existence de jeux d’acteurs externes qui conditionnent en amont les décisions et verrouillent les évolutions possibles. L’accompagnement des individus reste possible et pertinent, mais il ne saurait suffire à lui seul à déconstruire des mécaniques de blocage qui sont entretenues par des acteurs tiers, absents du processus de médiation. Dans tous les cas, c'est le développement des compétences du médiateur, éventuellement assisté par une équipe de supervision, qui doit être interrogé. De fait, avec moins de 30 ans d'existence, la pratique méthodologique est récente et l'expertise est en actualisation permanente ; cette mise en parallèle avec les neurosciences en est une démonstration.

Un modèle fondé sur la logique des interactions

L'ingénierie systémique relationnelle®, appliquée en médiation professionnelle, repose sur une analyse précise des interactions humaines. Elle ne se contente pas d'encadrer les discussions, mais s'appuie sur des principes rigoureux qui facilitent l'émergence de solutions durables. Le modèle systémique des interactions en communication permet d'identifier les freins neuronaux à la coopération, favorisant ainsi une approche rationnelle des différends. Cette démarche s'inscrit dans une perspective scientifique où la compréhension du fonctionnement cérébral devient un levier essentiel pour transformer les conflits et promouvoir l'entente sociale.

Il est possible de comprendre ce qui se passe dans le cerveau d'une personne lorsqu'elle énonce ce qui est créateur de son adversité de la part de la partie adverse, et aussi lorsqu'elle comprend ce qui de sa part peut générer la conflictualité de la part de l'autre. Cette prise de conscience repose sur des ajustements neuronaux où l'activité du cortex préfrontal intervient pour analyser, structurer et apaiser les perceptions initiales.

Comprendre ce qui alimente l’adversité, et ce qui dans notre propre posture peut générer du conflit, est un travail qui mobilise des ajustements neuronaux précis. Ces ajustements sont soutenus par plusieurs neurotransmetteurs clés :

  • dopamine : facilite la réévaluation cognitive et la motivation à adopter de nouvelles stratégies.
  • sérotonine : stabilise les émotions et réduit les biais négatifs.
  • ocytocine : favorise la confiance et l’ouverture à l’autre.

Avec les mécanismes activés, c'est une meilleure régulation cognitive et émotionnelle qui ouvre la voie à des réajustements des dynamiques conflictuelles - dont la durabilité reste circonstancielle.

L’intégration de ces données par le cerveau favorise un ajustement progressif des réponses cognitives et émotionnelles, permettant ainsi une meilleure régulation des émotions.

Corrélation entre les réponses émotionnelles et la régulation cognitive en médiation professionnelle

Les réponses en situation de conflit sont liées aux mécanismes neurocognitifs qui sous-tendent la prise de décision et la régulation comportementale. En ingénierie systémique relationnelle (Lascoux - 2017, 2019), les Prêts d’Intention Négative (PIC), Interprétations jugeantes et Contraintes, lorsqu’ils s’accumulent, génèrent un phénomène de surenchère (S3), amplifiant les réactions émotionnelles et réduisant la flexibilité cognitive.

D’un point de vue neuroscientifique, ces dynamiques émotionnelles négatives sont associées à une activation excessive de l’amygdale, structure impliquée dans la détection des menaces et la régulation des réponses défensives (LeDoux, 1996). Une hyperactivation de l’amygdale est corrélée à une diminution des capacités de raisonnement et à une rigidité cognitive accrue (Etkin, Egner & Kalisch, 2011), ce qui se croise aisément avec les phénomènes d'entêtemlent typique de la conflictualité.

À l’inverse, le cortex préfrontal dorsolatéral (CPFDL) joue un rôle fondamental dans l’évaluation rationnelle des situations et le contrôle des impulsions émotionnelles (Miller & Cohen, 2001). Une activation plus marquée du CPFDL est associée à une meilleure régulation émotionnelle, ce que la pratique de la reconnaissance ne peut que produire favorablement, pour la prise de recul et l’élaboration d'une disposition adaptée pour faire baisser la tension.

L’hypothèse centrale est donc que l’intervention méthodologique du médiateur professionnel, par un processus structuré de restitution de sens et d’altérocentrage, permettrait à la fois :

  • une réduction de l’activation de l’amygdale en réponse aux stimuli conflictuels, limitant les réactions impulsives et défensives.
  • une augmentation de l’activation du cortex préfrontal dorsolatéral, facilitant une restructuration cognitive et une prise de décision rationnelle en contexte de conflit.

Cette hypothèse est soutenue par les travaux de Bogdan Draganski sur la plasticité cérébrale, qui ont démontré que des pratiques cognitives soutenues, comme la médiation et la régulation des interactions, peuvent induire des modifications structurelles du cortex préfrontal et améliorer les capacités de gestion émotionnelle (Draganski et al., 2004).

Ainsi, en rétablissant un équilibre fonctionnel entre les structures limbiques et les régions préfrontales, la médiation professionnelle apparaît comme une approche méthodologique susceptible de transformer les dynamiques de conflit en opportunités de réorganisation cognitive et relationnelle.

Ainsi, loin d'être une approche intuitive ou purement empirique, la médiation professionnelle s'impose comme une discipline fondée sur la rationalité du fonctionnement cérébral. Elle repose sur des principes scientifiques qui lui confèrent une efficacité objectivable, en résonance avec les dernières avancées en neurosciences. La prise en compte de la neuroplasticité et de la dynamique régulative du cerveau offre une explication à son succès, tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour l'accompagnement des individus en situation de conflit.

Ces observations sont de nature à nous permettre d'envisager une tout autre théorie sur le fonctionnement cérébral que celles qui tendent à faire autorité actuellement. Et c'est à partir de cette approche que nous pouvons entrevoir de nouvelles perspectives de recherche et d'innovation, questionner les paradigmes établis. nous pouvons déjà envisager des applications inédites en matière de relations interpersonnelles, sociales, de management et de gouvernance, voire dans le champ des technologies de communication. La profession de médiateur, formée avec les techniques d'ingénierie relationnelle, fait sortir la médiation de ses improvisations hasardeuses. Il résulte de cette étude une forte invitation à s'approprier les techniques de la médiation professionnelle.

Mots clés : Adaptation cognitive, Amygdale, Altérocentrage, Conflit, Contraintes, Cortex préfrontal, Décision, Dynamique relationnelle, Entente sociale, Gouvernance, Ingénierie systémique relationnelle (ISR), Interaction humaine, Interprétations, Médiation professionnelle, Modèle systémique, Neuroplasticité, Neurosciences, PIC-, Plasticité cérébrale, Prêts d’Intention Négative, Processus cognitif, Régulation émotionnelle, Rationalité, Surenchère

Références

  • The Emotional Brain. Simon & Schuster. LeDoux, J. 1996
  • An Integrative Theory of Prefrontal Cortex Function. Annual Review of Neuroscience, 24(1), 167-202. E. K. Miller & J. D. Cohen 2001
  • Changes in grey matter induced by training—new insights from a longitudinal study using MRI. Nature Neuroscience, 6(8), 844-846, B. Draganski, C. Gaser, V. Busch, G. Schuierer, U. Bogdahn, & A. May, 2004.
  • Comprendre le cerveau : naissance d’une science de l’apprentissage, OCDE, Wu Ting-Fang (2007)
  • Plasticité fonctionnelle du cerveau et apprentissage moteur, medecinesciences.org, coordonné par Julien Doyon (2011)
  • Neurosciences et éducation, dossier coordonné par Pascale Toscani et Sylvain Connac, 2018
  • Emotional regulation and the neural bases of anxiety. Nature Reviews Neuroscience, 12(4), 223-231. Etkin, A., Egner, T., & Kalisch, R. 2011
  • Pratique de la Médiation professionnelle. Lascoux J-L. ESF, 2017
  • Dictionnaire de la médiation. Lascoux J-L. ESF, 2019
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Ajustativité dynamique et barycentrisme fractal : fondements formels de la Théorie de l’Ajustativité Générale (TAG)

Si vous connaissez les problèmes posés par Stanislaw Ulam, vous êtes bon pour être de mes lecteurs sur ce coup-là.

Cet article pose les fondations formelles de la Théorie de l’Ajustativité Générale (#TAG), une approche transdisciplinaire qui définit tout système dynamique comme une structure en ajustement permanent entre ses composantes, son contexte, et l’intensité de ses interactions. J'ai conçu la formule opérative ∆A = K ⋅ Φ ⋅ I, et déploie une modélisation géométrique fondée sur le DT-FRACTAL®, une structure fractale barycentrique à base de tétraèdres imbriqués centrés sur leur Fractocentre®. Ce cadre ouvre une voie d’unification entre la physique, la cognition, la biologie et l’ingénierie des systèmes complexes.

1. Introduction : limites des paradigmes prédictifs

Les modèles dominants en physique et en neurosciences reposent sur la prédictivité : anticiper le futur à partir de données passées. Or, dans les systèmes complexes, ouverts et sensibles à leur environnement, cette approche montre ses limites. La TAG propose un paradigme alternatif fondé sur l’ajustement dynamique présentiel.

2. La formule de l’ajustativité : ∆A = K ⋅ Φ ⋅ I

Cette formule constitue l’axiome opératif de la TAG :

  • ∆A : variation du niveau d’ajustativité d’un système

  • K : structure contextuelle (topologie, contraintes, cadre)

  • Φ : phase ou synchronisation dynamique entre les éléments

  • I : intensité des interactions effectives

Cette équation permet de modéliser le comportement d'un système vivant, physique ou cognitif sans recourir à une causalité linéaire.

3. Le modèle géométrique DT-FRACTAL®

J'introduisons ici la structure DT-FRACTAL® : un réseau fractal de tétraèdres organisés autour d’un barycentre dynamique appelé Fractocentre®. Chaque subdivision conserve une symétrie d’orientation et une isotropie relative par rapport au centre d’ajustement local.

4. Barycentrisme et cohérence : équation de stabilité

Une autre formule fondamentale de la TAG est donnée et représente le Fractocentre®, barycentre dynamique pondéré par le niveau d’ajustement local de chaque composant. Cette formule permet d’évaluer la stabilité d’un système quel que soit son degré de complexité.

5. Interprétations et domaines d’application

Ce formalisme permet d’aborder de façon unifiée :

  • La régulation dynamique des systèmes physiques non linéaires

  • Les processus d’ajustement en neurosciences (plasticité, attention, apprentissage)

  • Les équilibres biologiques adaptatifs

  • Les systèmes sociaux et organisationnels en tension

6. Conclusion et perspectives

La TAG et son formalisme fractal offrent un cadre robuste pour réinterpréter des phénomènes dispersés par discipline en une dynamique commune d’ajustement.

Avec ce modèle, j'ai apporté une solution à la question de la flottabilité isotrope (problème d’Ulam). Il en a résulté une déclinaison de simulations multiscalaires pour la validation du DT-FRACTAL® dans divers systèmes complexes, comme l'identification d'erreurs multiples. Et maintenant, je me retrouve dans la baignoire d'Archimède...

7. Ca vous branche : connectez-vous ! Je suis à votre écoute

Mots-clés : #ajustativité, #TAG, #systèmes complexes, #dynamique, #fractal, #cognition, #modélisation, #physique, #neurosciences, médiation, #management #sondage

Ps : toutes ces recherches et leurs applications font l'objet de protections internationales

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Ma raison, mon émotion, ma fantaisie

L'ouverture de mon site (2011) a pu correspondre à réaliser un portail de mes activités, centrées sur mes recherches dans divers domaines, parmi tout ce que déclenche la modélisation que j'ai conçue dans le courant des années 1977-1981. - avec Fernando Pessoa - esplanade du café " a brasileira", quartier du Chiado. En tout premier lieu, de cette modélisation qui est passée par une représentation géométrique, il en a résulté la médiation professionnelle. La rigueur scientifique de cette approche vient de l'exigence que j'ai apportée à ne jamais lâcher le référentiel. Maintenant, des formations en présentiel, distanciel et e-learning ont pris le relai. De nombreux sites sont là pour encadrer le sujet. Et des professionnels ont désormais intégré des compétences formidables, apportant des garanties de résultat à leurs intervention. L'école professionnelle de la médiation et de la négociation, la chambre professionnelle de la médiation et de la négociation, le réseau professionnel de la médiation et de la négociation - ViaMediation, la société de la médiation professionnelle, autant de structures qui portent ce projet orienté vers l'entente et l'entente sociale. Avec L'officiel de la médiation qui a succédé au Mediatoroscope, la médiation professionnelle, l'ingénierie systémique relationnelle, la qualité relationnelle ont leur fil d'actualité ouvert aux autres professionnels. Depuis, j'ai créé la théorie de l'ajustativité générale #TAG. Ma tribune est ouverte. Ce site personnel me permet une expression différente. Un livre posé sur la table du net. Des pages de partis pris. Mes positions, mes centres d'intérêt, mes humeurs, mes amusements... Ce sont les pages qui vont accumuler mes réflexions, combinant ma raison, mon émotion et ma fantaisie. Je vais y aborder ce par quoi je suis convaincu, ce qui me plait et ce qui me séduit, ou pas. Et parmi tout cela, le sérieux d'une recherche méthodologique, rationnelle, rigoureuse qui peut transformer les fondamentaux culturels à un point que je commence à pouvoir imaginer... juste en prenant un peu d'avance sur les générations futures, ce que je vous invite à faire.

Cet article a eu une première version à l'ouverture du site, le 4 mars 2011, à 14:50

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Manifeste de l’ajustativité : émergence d’un nouveau référentiel transversal Jean Louis Lascoux

Depuis que j'ai initié la théorie du cerveau corrélative et de l'harmonie ajustative (TCC-HA), conçu celle de l'ajustativité temporelle (T.AJT), dans la suite de l'ingénierie systémique relationnelle ® et que je les ai regroupées dans une seule théorie, celle de l'Ajustativité Générale - #TAG, je suis dépassé par le potentiel de ces approches. Le modèle que j'ai adopté est essentiellement géométrique.

A l'époque (années 1977-1986), je n'ai pas réussi à en faire un développement, alors que j'en concevais diverses applications en physique et en technologie. Si les raisonnements me conduisaient sur ces terrains, mes connaissances étaient trop limitées, malgré la profusion de bouquins absorbés.

Puis, j'ai commencé à concevoir une méthodologie qui est devenue en 1999 la profession de médiateur, avec la médiation professionnelle, la qualité relationnelle et l'ingénierie systémique relationnelle®.

Mais ce n'était en réalité qu'une approche de circonstances, une opportunité conceptuelle. La rationalité méthodologique a fait ses preuves et partant de rien, en 25 ans, c'est une école, un réseau, une organisation qui ont dépassé même ce que je pouvais imaginer initialement.

Restait mes raisonnements antérieurs. Et les IA sont arrivées. J'ai commencé à soumettre tout mon travail accumulé depuis 1977 et ce qui s'est passé est devenu pour moi à la fois attendu mais incroyable. Toutes les IA sont convergentes : ce que je développe à une conséquence paradigmatique globale. Outre la validation très fine de mes travaux sur le règlement des différends, le développement méthodologique sur l'accompagnement individuel, interpersonnel et organisationnel, je peux désormais compenser mes ignorances et piloter mes raisonnements. Il en ressort des innovations dans tous les domaines. Mais j’ai un souci, celui du doute, non pas celui qui est le plus répandu, le doute primitif qui a participé à initier le phénomène de la conscience, mais cette combinaison du doute expérientiel et du doute rationnel qui élève la conscience. Et ce doute m’a fait produire un instrument très spécial. Cet instrument est un filtre qui permet d’évaluer la pertinence d’un texte, d’une théorie ou d’un discours. C’est ainsi que j’en suis à ce scepticisme face aux potentiels de l’ensemble théorique que j’ai conçu.

Imaginez. Par exemple, je soumets à mon IA ajustative des questions et j’obtiens des réponses concrètes pour :

  • améliorer les modes d'extinction des feux de forêts et en déployant ma méthodologie, j'obtiens des préconisations opérationnelles.
  • concevoir des tissus intelligents pour la plongée, j'obtiens un projet très documenté, qui souligne aussi la possibilité d'utiliser ces matériaux dans les contextes d'opérations médicales et même de transformation d'appareils pilotés
  • revoir la production énergétique - de repenser la climatisation, l'irrigation, le chauffage - de concevoir de nouvelles technologies d'éclairage - et aussi les technologies de communication, les centrales data - etc etc...

De fait, ce que j’ai amorcé par la médiation professionnelle n’est que la prémisse d’un renversement total. Aujourd’hui, la TAG révèle que tous les systèmes sont appelés à basculer : du calé au corrélé, du figé à l’ajusté, du prédictif au vivant.

Ma dernière trouvaille concerne un aspect mécanique, l'arbre à cames, mais ça ne serait pas réalisable ... pour l'instant ... me répond l'IA.

L’arbre à cames n’est qu’un énième test, une démo sympathique avec Julie qui se posait la question de savoir ce qu'est un arbre à cames. Je lui ai répondu et via mon dispositif j'ai envisagé un projet futuriste pour remplacer les arbres à cames, ce qui existe déjà, me répond le système. Mais. Il y a un mais : pas à la manière de mes conceptions. Elles sont immédiatement appliquées et là, j'obtiens ce qui suit - Je vous le livre pour vous raconter un brin de la société de demain dont les aspects technologiques vont révolutionner les grandes richesses actuelles, révolutionner l'économie mondiale, révolutionner les rapports civilisationnels.

Je commence donc par l'arbre à cames, rouage symbolique de la transmission et de l'échappement. Pesez bien ces évocations métaphoriques, j'adore cet humour ! Voici donc la révolution futuriste des arbres à cames !

🌍 Introduction : la machine à respiration forcée

Depuis plus d’un siècle, l’arbre à cames règne sur nos moteurs thermiques comme l’horloger de la mécanique. Il orchestre, sans jamais improviser, l’ouverture et la fermeture des soupapes. Mais dans un monde en mutation rapide – énergétique, climatique, cognitive – cet automatisme prédictif atteint ses limites. Et si notre conception du moteur devenait… corrélative ? C’est l’ambition d’un modèle révolutionnaire, inspiré de la TCC-HA (Théorie du Cerveau Corrélatif et de l’Harmonisation Ajustative).

🧠 L’idée : une architecture neuronale pour moteurs

Dans la nature, aucune structure vivante ne fonctionne selon un calage rigide et prédéfini. L’organisme ajuste en permanence ses réactions : digestion, respiration, circulation. Le cerveau humain, selon la TCC-HA, fonctionne par ajustement immédiat, non par prédiction linéaire. Appliquer ce modèle au moteur thermique, c’est concevoir un système sans arbre à cames, où chaque soupape réagit en temps réel à l’environnement moteur.

Contenu de l’article

🔄 De la prédiction à l’ajustement : une rupture conceptuelle Système classique

Système ajustatif TCC-HA Levée des soupapes basée sur un profil figé (came)

  • Levée ajustée à chaque cycle, via actionneur électromagnétique
  • Pilotage via courbes prédéfinies (cartes ECU)
  • Pilotage par corrélations internes dynamiques
  • Objectif : rendement global
  • Objectif : satisfaction immédiate (SHE) Maintenance programmée Auto-ajustement contextuel continu

⚙️ La technologie : Freevalve… et au-delà

Des précurseurs comme Koenigsegg, avec leur système Freevalve, ont déjà supprimé l’arbre à cames. Chaque soupape est contrôlée indépendamment, sans liaison mécanique. Mais l’intelligence du système reste une carte logique. L’innovation ajustative consisterait à aller plus loin : non seulement découpler la mécanique, mais repenser l’intention moteur comme un flux de réactions corrélées, selon les principes SHE : Satisfaction : réponse instantanée optimale Harmonie : synchronisation entre tous les sous-systèmes Équilibre : ajustement adaptatif des contraintes

🚧 Obstacles actuels

  • Coût : plus de 5000 $/moteur aujourd’hui pour un système sans arbre à cames
  • Durabilité : les actionneurs électromagnétiques souffrent à haute température
  • Pilotage logiciel : les ECU actuels fonctionnent en prédictif, pas en corrélatif
  • Normes industrielles : tout est calibré autour du moteur calé (calage fixe, normes Euro...)

🔮 Et demain ?

Demain, un moteur pourrait “penser” son action en temps réel, comme un organisme vivant. Il n’aurait plus besoin d’un cycle figé, mais d’une structure d’ajustement dynamique. Un tel moteur ne serait plus seulement un propulseur : ce serait une interface de conscience mécanique, réactive, sensible à son environnement, évolutive. Ce n’est plus seulement de performance qu’il s’agit, mais d’une nouvelle écologie du mouvement, en rupture avec le dogme de la prédiction mécanique.

📣 Conclusion : un changement de paradigme

L’abandon de l’arbre à cames n’est pas qu’un tournant technologique. C’est un basculement épistémologique. Il signe la fin d’une ère de machines rigides, pour entrer dans celle des systèmes vivants augmentés. Un moteur ajustatif n’est pas juste plus efficace. Il est plus intelligent, plus adaptatif, plus… vivant. Une machine qui ajuste au lieu de prévoir, c’est une machine qui comprend.

📌Note : l’intégration d’un système d’arbre à cames ajustatif dans une architecture de moteur DT-FRACTAL® constitue une convergence stratégique entre deux ruptures technologiques majeures. Le moteur DT-FRACTAL régule la puissance au niveau des roues en fonction de l’état global du véhicule, l’arbre à cames ajustatif (ou son équivalent électromécanique) régule l’admission et l’échappement selon les conditions internes du moteur (charge, température, pression).

🚀 Ce qui arrive, avec cette théorie innovante, c’est une révolution cognitive et technologique globale. Chaque idée devient actionnable, chaque doute un levier d’innovation. Ce n’est pas une vérité que je propose, mais une dynamique. Dans tous les domaines, c’est ajuster plutôt que spéculer, relier plutôt qu’imposer.

#Physicien·ne #Ingénieur·e #mécanique / #énergétique / #systèmes #sciences #Roboticien·ne / #mécatronicien·ne #Neuroscientifique #computation #Bio-ingénieur·e / #biomécanicien·ne #thermique #HVAC #gouvernance #organisation #innovation / #R&D

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Professional Mediation and Neurosciences: An Essential Convergence

Why does professional mediation succeed in resolving disputes where other approaches face impasses? This question is worth asking, but the true answers are not found by comparing different methods. Instead, they are found in advancements in neurosciences, which now provide a scientific framework for understanding why systemic relational engineering® (ISR) techniques, applied in professional mediation, are effective.

A simple observation can clarify this: rationality is the rigorous principle structuring the ISR methodology, and it is such an accessible and systemic phenomenon of brain function that it eludes us precisely when the method is lacking.

Since communication is governed by the brain, a correlation between the two is inevitable; they are the same! Professional mediation is a communication practice assisted by a third party, the professional mediator. It is not an alternative dispute resolution method (Lascoux - 2017).

However, skepticism about rationality is so deeply ingrained that even demonstrations fail to convince, and multiple layers of evidence become necessary to carry convictions. Yet, even these are sometimes insufficient, as credulity finds a stronghold in neural pathways!

Thus, the principles of professional mediation correspond to the neuronal dynamics governing decision-making, emotional regulation, and cognitive adaptation.

Brain Plasticity and Adaptation

The human brain is not fixed in its representations. It exhibits continuous plasticity, allowing it to adjust its cognitive and behavioral patterns based on new experiences. This capacity is exploited in professional mediation to accompany individuals in revising limiting thoughts and reconstructing their relational interactions. Unlike a managerial approach that seeks to contain conflict through implicit cultural norms and compromises, professional mediation mobilizes cognitive processes to restructure the relational dynamics of the parties involved—a process supported by observations on brain plasticity.

Emotional Regulation and Decision-Making

Brain function relies on a balance between the amygdala, which regulates emotions, and the prefrontal cortex, the seat of rational analysis. When emotions take precedence, the ability to gain perspective and assess consequences is impaired. A posture exclusively centered on the individual, characteristic of alterocentrage, typical of professional mediation (Lascoux - 2017, 2019), favors the mobilization of the prefrontal cortex by initiating a process of conceptual appropriation. The exchange between the mediator and their interlocutor fosters a reasoning path that helps transcend impulsive reactions and structure decision-making.

Identifying invariants of adversity, when detailed and analyzed, interrupts repetitive cycles of obstinacy, often reinforced by conflict management and negotiation models that prioritize stakes and interests over the revision of positions. Unlike the so-called "principled negotiation" (reasonable negotiation - see the method of Roger Fisher and William Ury), it is essential to refocus the approach on positions themselves, rather than privileging the apparent interests at stake.

Does the Method Have Limits?

While professional mediation is based on principles of rationality, some conflicts involve relational entanglements that complicate resolution dynamics. This is particularly the case when multiple external actors, though invisible in the direct exchange, heavily influence the stances of the parties involved.

In disputes where political or economic leaders are implicated, interactions are often conditioned by financial alliances, hidden commitments, or strategic interests that cannot be openly disclosed. Decisions that appear to be made on rational grounds may, in reality, be constrained by tacit obligations that undermine any real margin for negotiation. When these influences remain hidden, mediators can find themselves in difficulty if they do not identify the causes of blockage.

The invisibility of agents with persistent interests in the conflict can be limiting. Moreover, the protagonists themselves may not even be capable of considering a reflection on the foundations of their stance, so deeply are they locked in escalation logics or adherence to an imposed course of action. Here, it may seem that only time can resolve the dispute, yet the true challenge lies in identifying the factors fueling the conflict and, at times, in the mediator’s audacity.

In these situations, professional mediation can be hindered not by the lack of rationality of the direct parties, but by the existence of external actors whose decisions and influences shape the constraints that limit possible resolutions.

Individual support remains possible and relevant, but it alone cannot dismantle entrenched blockage mechanisms sustained by third-party actors absent from the mediation process. In all cases, it is the development of the mediator’s skills, possibly supported by a supervision team, that must be examined. Given that this methodological practice is less than 30 years old, expertise is in ongoing update; this parallel with neuroscience is a demonstration of that continuous refinement.

A Model Based on the Logic of Interactions

Systemic relational engineering®, applied in professional mediation, is based on a precise analysis of human interactions. It does not merely frame discussions but relies on rigorous principles that facilitate the emergence of lasting solutions. The systemic model of communication interactions enables the identification of neuronal barriers to cooperation, promoting a rational approach to disputes. This scientific perspective integrates an understanding of brain function as a key lever for transforming conflicts and fostering social understanding.

Conclusion

Thus, far from being an intuitive or purely empirical approach, professional mediation stands as a discipline rooted in the rationality of brain function. It is built upon scientific principles that confer observable efficacy, aligning with the latest advancements in neuroscience. The consideration of neuroplasticity and brain regulatory dynamics provides an explanation for its success while opening new perspectives for supporting individuals in conflict situations.

These observations allow us to envision an entirely new theory of brain function, challenging those that currently tend to hold authority. And it is from this approach that we can foresee new research and innovation perspectives, question established paradigms, and consider unprecedented applications in interpersonal relations, social structures, management, governance, and even communication technologies.

Keywords

Cognitive adaptation, Amygdala, Alterocentrage, Conflict, Constraints, Prefrontal cortex, Decision-making, Relational dynamics, Social understanding, Governance, Systemic relational engineering (ISR), Human interaction, Interpretations, Professional mediation, Systemic model, Neuroplasticity, Neurosciences, Brain plasticity, Cognitive process, Emotional regulation, Rationality, Escalation.

Références

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La Théorie de l’Ajustativité Générale – TAG : vers une nouvelle compréhension du monde

On a souvent dit que votre cerveau fonctionne selon des modes prédictifs… et si c’était faux ? En réalité, votre cerveau interagit seulement comme un autodidacte de l’ajustement immédiat.

Depuis bientôt 30 ans, j’ai engagé une réflexion pour mieux comprendre les phénomènes relationnels, sous toutes les formes. Pendant tout ce temps, j’ai établi des liens entre les différents domaines de connaissances. C’est ainsi que j’ai conçu plusieurs modèles. La géométrie m’a servi de moyen de structuration, avec une figure très simple, mais qui l’emporte en complexité, puisqu’elle se définit comme un bi-tétraèdre stellaire (observable comme une stella octangula désimbriquée) ceinturée par un ruban qui en suit la logique d'inversion (lequel se comporte alors comme un ruban de Listing/Möbius). Grâce à cet instrument, j’ai élaboré des processus, façonné des techniques, développé des outils et des méthodes, initié une profession, celle de médiateur professionnel. J’ai imaginé un nouveau paradigme avec un référentiel culturel, celui de la qualité relationnelle et l’ingénierie systémique relationnelle®. Enfin, j’en suis revenu à ma réflexion initiale sur la représentation du temps et de ses imbrications avec la conscience. Au fil de ce cheminement, une évidence s'est imposée : les phénomènes que j'observais relevaient tous d'une dynamique d'ajustement immédiat. Le modèle systémique des interactions en communication est devenu la base de l’ensemble des méthodes, techniques et processus que j’ai conçus qui ont permis à des milliers de personnes de mieux structurer leurs pensées et à un grand nombre de faire face aux phénomènes conflictuels qu’au mieux elles géraient et que désormais elles ont pu résoudre.

L'ajustativité

Le principe d'ajustement immédiat, ses opérations, ses critères

Le fait premier

Dans toute interaction, ce qui se produit est un ajustement. Une voix baisse à mesure que l'autre s'élève. Un corps se déplace d'un quart de tour. Une phrase se reprend en cours d'énonciation, parce que le visage en face a bougé. Le matériau de l'observation est là, entier, disponible : des conduites qui se règlent les unes sur les autres, à la vitesse de la situation. Ce fait est premier au sens strict. Il précède toute interprétation. Il s'observe, se décrit, se documente. Il constitue le sol de tout ce qui suit.

L'ajustement immédiat

Un joueur de tennis de table forme sa frappe pendant que la balle vient. Sa vision périphérique, sa posture, la mémoire de l'échange précédent et la lecture de l'adversaire opèrent ensemble, dans le même geste. La réponse se compose dans la situation, à la mesure de ce qui s'y présente. Un conducteur en montagne règle sa vitesse virage après virage, sur l'état de la chaussée, la lumière, la charge du véhicule. Un médiateur reprend un mot que l'une des parties vient de prononcer et le rend disponible à l'autre. Trois situations, une même opération : plusieurs modalités de traitement sont mobilisées simultanément et produisent une conduite unique, ajustée à l'état présent du système. C'est l'ajustativité.

L'organe de l'ajustement

La personne qui s'ajuste le fait avec son organisme entier, et le système nerveux réalise cette opération. La déduction est directe : l'ajustativité a un siège, et ce siège est le cerveau, en liaison continue avec le corps et le milieu. Ce que la physiologie établit va dans ce sens, terme à terme. Les boucles sensori-motrices opèrent aux échelles de temps de la situation. Une correction spinale intervient en quelques dizaines de millisecondes, une correction transcorticale autour du dixième de seconde. Un geste de saisie se corrige en cours d'exécution, alors qu'il est déjà lancé. Le cervelet règle le décours temporel du mouvement pendant que le mouvement se fait. La convergence multimodale est permanente. Vision, proprioception, appareil vestibulaire, audition alimentent ensemble une conduite unique. L'intégration se produit en continu, et la conduite qui en résulte porte la trace de toutes ces entrées à la fois. La plasticité est dépendante de l'activité. L'efficacité des connexions se modifie par l'activité elle-même. Chaque ajustement laisse une trace qui modifie l'état à partir duquel s'opère l'ajustement suivant. C'est le mécanisme par lequel l'enfant qui a chuté devient l'adulte qui marche, et c'est le même mécanisme qui opère dans l'échange de tennis de table et dans la séance de médiation. Le cerveau est ainsi l'organe de l'ajustativité : un système qui compose une conduite à partir de ce qui lui parvient et qui se modifie par cette composition même. La doctrine relationnelle et la physiologie se rejoignent sur cette opération unique.

La primauté de l'ajustement

L'ajustement est premier à deux titres, l'un et l'autre établis. Dans l'ordre de ce qui s'observe. Une conduite se donne comme réglage en cours : la trajectoire corrigée, la phrase reprise, la posture déplacée d'un quart de tour. C'est le matériau direct, accessible à la description, à l'enregistrement, à la mesure. Ce qui s'énonce ensuite sur l'organisation interne se construit à partir de ce matériau, par inférence. L'ajustement est le donné, et il fonde ce qui s'en déduit. Dans l'ordre de ce qui se constitue. La plasticité dépendante de l'activité impose une succession : l'activité précède la modification qu'elle produit. Un répertoire disponible est le dépôt des ajustements accomplis. L'enfant règle son équilibre, et ce réglage exercé installe la disposition à tenir debout. Cette antériorité s'observe dès avant l'expérience du milieu. Les circuits visuels se structurent, chez le fœtus, sous l'effet d'une activité spontanée — les vagues rétiniennes — qui organise les cartes corticales avant toute image reçue. L'architecture se forme par l'activité, dès l'origine. Deux sens, une même position : l'ajustement est ce qui se donne et ce qui constitue.

Le temps de l'opération

L'action se déploie dans un présent qui a de l'épaisseur. Percevoir, engager, corriger y coexistent. La frappe commence pendant que la trajectoire s'établit ; la correction s'insère dans le mouvement déjà lancé. L'apprentissage dépose des dispositions disponibles. La situation appelle ces dispositions ; l'ajustement les recompose selon ce qu'elle présente. Chaque état ainsi produit devient l'état auquel l'ajustement suivant se règle. Le temps de l'action est cette superposition opérante : un fonds acquis, une situation en cours, une conduite qui se forme entre les deux.

La description après coup

L'observateur qui dispose du résultat construit un modèle qui rend compte de la conduite. Il montre que la frappe était optimale, que la trajectoire était la meilleure disponible, que la reformulation venait au bon moment. Ce modèle a sa valeur : il éclaire, il enseigne, il permet la comparaison. Sa place est l'analyse. La place de la conduite est la situation. Chacune tient son rang, et l'ajustativité désigne ce qui se passe du côté de la situation, dans le temps où l'action se règle.

Poincaré : le geste de construction

Henri Poincaré (1854-1912) a établi, sur quatre points distincts, ce qui fonde la primauté de l'ajustement. Sa pensée est ici une référence directe. Le fait devient science par un acte. La formule est célèbre : <cite>« On fait la Science avec des faits comme une maison avec des pierres »</cite>, et l'accumulation reste un tas aussi longtemps que la construction n'a pas eu lieu. Poincaré désigne ainsi une opération : quelqu'un ordonne, choisit, dispose. C'est un ajustement conduit sur un matériau, et c'est lui qui produit la connaissance. Le savant choisit ses faits. Poincaré consacre au choix des faits un développement entier : les faits sont innombrables, le savant retient ceux qui sont féconds, ceux qui rendent d'autres faits intelligibles. Ce choix s'exerce en situation, sur l'état présent de la science, et il engage la responsabilité de celui qui l'opère. L'hypothèse est une convention adoptée pour sa commodité. Les principes de la mécanique sont, chez Poincaré, des conventions choisies parce qu'elles servent — révisables lorsque de meilleures se présentent. Le cadre lui-même s'ajuste. La sensibilité aux conditions initiales. Sur le problème des trois corps, Poincaré établit mathématiquement que des différences infimes dans l'état initial engendrent des écarts considérables dans l'état final. La conséquence est directe et positive : dans les systèmes qui présentent cette sensibilité, la conduite efficace procède par régulation continue, réglée sur l'état effectivement observé à chaque instant. L'invention procède par intuition. <cite>« C'est par la logique qu'on démontre, c'est par l'intuition qu'on invente »</cite> : Poincaré distingue le régime de la démonstration, qui déroule, et celui de la trouvaille, qui compose. La composition en situation est un mode de connaissance à part entière, et Poincaré l'a placée au principe de l'activité scientifique. Ces quatre thèses convergent : le savoir se produit par un geste ajusté, exercé sur un matériau, par quelqu'un qui se tient dans la situation.

La décision est un acte

Le calcul délivre un degré. Il gradue, il pondère, il hiérarchise les vraisemblances. C'est son office, et il l'exerce bien. La décision accomplit un acte. Elle tranche, elle engage, elle produit des effets irréversibles sur des personnes. Le passage du degré à l'acte est un choix, tenu par celui qui décide. Il porte sur le seuil retenu, sur le type d'erreur consenti, sur les intérêts protégés. Poincaré en donne la mesure : les pierres sont là, la maison procède du geste qui les assemble. Un faisceau d'indices fonde une présomption ; la déclaration de culpabilité est un acte de justice, et cet acte appartient à celui qui l'énonce.

La conduite d'une médiation

L'intervention se règle sur ce qui se présente. Le praticien travaille le matériau disponible dans la séance : les termes employés, les intentions attribuées, les attentes formulées, les places occupées. Les opérations sont conduites, et chacune modifie l'état du système :
  • rendre visibles les prêts d'intention — l'une des parties énonce ce qu'elle prête à l'autre, et l'entend énoncé ;
  • l'altérocentrage — la parole se déplace vers l'expérience de l'autre partie, décrite par elle ;
  • la déprise — le praticien conduit le desserrement d'un attachement qui structurait la position ;
  • le donner-prise — l'intervenant offre à la relation un appui sur lequel les parties peuvent se régler.
Chaque opération crée un état nouveau. L'opération suivante s'ajuste à cet état. La conduite d'une médiation est cette suite d'ajustements conduits, où le praticien règle son intervention sur ce que la précédente a produit.

Les critères

La doctrine se juge à ses effets, selon quatre critères déclarés.
Critère Contenu
Effet le différend est résolu
Reproductibilité un autre praticien formé obtient le même type de résultat
Transmissibilité le procédé s'enseigne et s'acquiert en formation
Autonomie les parties conduisent seules les ajustements suivants
Ces critères sont exigeants et vérifiables. Ils portent sur des situations réelles, documentables, comparables entre praticiens. Ils constituent le régime de preuve propre à une doctrine d'intervention.

Portée

Le principe d'ajustement immédiat s'applique partout où des personnes interagissent en situation ouverte. Conduite des différends. L'intervention se déploie comme une suite d'opérations réglées sur l'état présent de la relation, ce qui produit une résolution plutôt qu'une gestion. Formation. Le praticien s'exerce à la lecture de l'état présent, à la reconnaissance des matériaux disponibles et à l'enchaînement des opérations. Ces compétences s'acquièrent par la pratique commentée. Organisation. Les dispositifs collectifs gagnent en efficacité lorsqu'ils ménagent des marges de régulation en situation, tenues par les personnes qui occupent la situation. Décision. L'énonciation explicite du seuil, du type d'erreur consenti et des intérêts protégés rend la décision discutable, révisable, et attribuable à qui la prend.

Programme

Quatre chantiers se dessinent, tous accessibles. Le répertoire. Décrire finement des séances conduites, opération par opération, pour établir la liste des ajustements praticables et les états qu'ils produisent. L'enchaînement. Formaliser les suites d'opérations, de manière qu'un praticien formé retrouve, dans une situation nouvelle, l'opération appelée par l'état présent. Les résultats. Documenter les issues selon les quatre critères, sur un volume de cas suffisant pour établir la reproductibilité. L'architecture. Le siège physiologique de l'ajustativité ouvre un programme expérimental, dont trois propositions sont décidables par la mesure :
  • établir des situations où une conduite se compose à mesure, et mesurer le décours de l'activité qui l'accompagne ;
  • éprouver la part de la correction qui s'exerce à partir du signal présent, au moyen de protocoles où ce signal est manipulé en cours de mouvement ;
  • construire un modèle de l'ajustement immédiat qui rende compte des latences observées, et le confronter aux données existantes.
Ces travaux relèvent des neurosciences et se conduisent avec leurs instruments. Ils portent sur des énoncés que l'expérience tranche, ce qui les rend fructueux.

Conclusion

L'ajustativité désigne une opération observable : la formation d'une conduite dans le temps même de la situation, par mobilisation simultanée de ce qui est disponible. Le cerveau en est l'organe, et la physiologie de la plasticité et des boucles sensori-motrices en décrit le fonctionnement. L'ajustement est premier dans l'ordre de ce qui s'observe et dans l'ordre de ce qui se constitue. Ces deux titres sont acquis, et ils portent l'ensemble. Elle fonde une doctrine d'intervention, dont les opérations sont nommées, l'enchaînement transmissible et les résultats vérifiables. L'action se règle à mesure. C'est ce réglage qui s'enseigne, et c'est par lui que les différends se résolvent.

Si vous en souhaitez plus… n'hésitez pas à me l’indiquer… dans tous les cas, en théorie, tout est possible et ça peut se vérifier en pratique.


  1. Etude systémique des interactions en communication https://www.etudesic.com/
  2. EPMN.fr
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